Globe 40 : sous voiles
Un tour du monde en Class40, à deux, d’escale en escale.
Ils sont partis de Lorient avec, inscrits sur leur route, le cap de Bonne-Espérance, le point Nemo ou encore le cap Horn. Des noms qu’on découvre enfant dans les livres, et qu’eux allaient frôler à la barre d’un bateau de douze mètres. Des semaines de mer avec, pour seule compagnie, un équipier. Quart après quart, le sel jusque dans les cirés, le sommeil en pointillé, et une mer qui ne laisse jamais vraiment souffler.
Moi, je les attendais de l’autre côté de l’océan. Au Cap-Vert, à La Réunion, à Sydney, à Valparaíso, à Recife. Sans savoir s’ils arriveraient à l’aube ou au milieu de la nuit. Une voile au large, d’abord minuscule, puis le bateau qui grandit, les premiers cris sur le ponton, les proches, les équipes à terre. Et ces marins qui posent le pied sur un sol qui ne bouge plus, encore ivres de mer.
Quelques jours d’escale pour réparer, dormir, manger autre chose que du lyophilisé. Puis il fallait repartir : eux vers le large, moi vers l’aéroport, pour les attendre un peu plus loin.
Pendant huit mois, depuis les semi-rigides, les pontons ou avec le drone, j’ai photographié ces départs et ces retours.
Reportage photo réalisé pour Image in France et le Crédit Mutuel.